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Connecting every welding dot – le soudage 4.0 façon Valk Welding

29-01-2026

Auteur: Karl D’haveloose

 

 

 

 

 

Heure d'arrivée prévue à Alblasserdam : 15 h – Une fois passés les éternels embouteillages du Benelux, je peux finalement circuler sans encombre sur les routes de l'arrondissement de Rotterdam-Nord. Par mesure de sécurité, je jette un bref coup d'œil à cet impressionnant super yacht qui me sourit, amarré le long du quai d'Oceanco. Non, cher lecteur Belge, Alblasserdam n'est pas le nom d'un nouveau parc d'attractions, mais bien celui de l'une des villes situées dans la région des Drechtsteden, qui sont toutes spécialisées dans la construction navale et métallique, la logistique et le transport. Valk Valley, le site de Valk Welding, est un village à part entière, où l'on perçoit immédiatement la croissance de cette entreprise familiale qui existe maintenant depuis près de 65 ans.

 

 

La personne avec qui je déguste mon café aujourd'hui n'est autre qu'Adriaan Broere, CTO chez Valk Welding, qui avait récemment été invité à prendre la parole lors de la première édition néerlandaise d'ABISS 2025. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Valk Welding, une brève présentation s'impose… Fondée en 1961 sous le nom de LAS Handelsmaatschappij, cette entreprise familiale s'est développée au fil de trois générations, passant d'une société de négoce de matériel de soudage à un intégrateur européen de robots de soudage, qui est aujourd'hui également devenu un véritable fournisseur de connaissances. L'entreprise dispose d'une base installée d'environ 4.000 robots, fournit 10.000 tonnes de fil à souder par an et compte quelque 225 employés. À ce jour, outre Valk Valley, Valk Welding possède des sites physiques à Nieuwegein, en République tchèque, au Danemark, en Finlande, en France, en Allemagne et en Irlande du Nord. Ses principaux marchés ? Broere les résume ainsi : "Les pays européens consommateurs de bière et la France."

 

En 1978, Remco Valk (2ème génération) a franchi une étape majeure en lançant les robots de soudage à l'arc hydrauliques PUMA (autrefois développés par la société Unimation, qui appartient aujourd'hui à Stäubli). L'ancienne société Valk Welding s'est même un temps associée à Cloos, avant de finalement se rapprocher de Panasonic en 1988. En 1994, Remco Valk s'est pour la première fois retrouvé seul aux commandes de l'entreprise, qu'il a dû aider à traverser une période difficile sur le plan commercial et technologique. C'est alors qu'Adriaan Broere est arrivé en tant que stagiaire 'gratuit'. C'était l'époque de Windows 3.11, où les modèles 3D étaient encore rares, et Valk Welding a profité de cette situation pour introduire la fabrication intégrée par ordinateur et la programmation hors ligne dans le domaine du soudage industriel.

 

L'entreprise a ainsi fait un pas de géant qui a révolutionné le soudage automatisé dans les PME. Des entreprises telles que Van Hool, Stork PMT et Case New Holland sont ainsi rapidement devenues des clients de référence qui ont tiré parti de la suite logicielle, de la programmation et de la formation. Aujourd'hui, les clients de Valk Welding utilisent la configuration Panasonic de sixième génération pour programmer leurs modèles 3D hors ligne, plutôt que physiquement.

 

Je demande à Broere quelle est la différence entre un intégrateur et un fournisseur de connaissances. "Un intégrateur conçoit et déploie la technologie chez le client. Dans le cas de Valk Welding, le défi et l'analyse conduisent non seulement à la mise en œuvre d'une technologie, mais aussi à la construction d'un écosystème physique et numérique complet autour du défi de soudage. Après avoir analysé le défi et les critères du client, un jumeau numérique simule l'ensemble de la configuration, suite à quoi une proposition est formulée. Avant l'installation, la production est également testée en conditions réelles dans l'un des quatre centres d'essai en Europe. Viennent ensuite, bien sûr, la formation, la maintenance et l'assistance."

 

De la transformation numérique à l'IA agentique

"L'étape suivante pour les clients consiste aujourd'hui à centraliser tous les modèles 3D dans le cloud, en les reliant à des programmes de soudage spécifiques et vice versa. Des algorithmes ont ainsi la possibilité de reconnaître un modèle de soudage et de sélectionner, parmi une infinité de possibilités (même pour les machines à 11 axes), un ensemble d'instructions en fonction du flux de commandes", ajoute Broere.

 

 

"Via un modèle RWaaS (Robot Welding as a Service), nous proposons désormais la programmation dans le cloud par défaut. Tous les robots de soudage et leurs périphériques sont inclus. Toute personne qui a recours aux modèles proposés, aux opérations autorisées et à la puissance de calcul disponible doit pouvoir télécharger ses premières commandes de manière entièrement autonome en quelques heures, sans avoir à écrire la moindre ligne de code."

 

 

D'après mon interlocuteur, la programmation sans code et assistée par l'IA est la solution pour tout ce qui est modulaire et répétitif, surtout à l'heure où une grande partie du savoir-faire disparaît en raison des nombreux départs à la retraite des baby-boomers et du taux élevé de rotation du personnel. Pour les défis de soudage très complexes et sur mesure, chaque client peut toujours s'adresser à l'équipe de Valk Welding.

 

Comment renforcer sa compétitivité

Nous allons à présent aborder la question de la concurrence dans le domaine de la technologie. Les Asiatiques, avec les Chinois en tête, sont connus pour être des fournisseurs de technologies robotiques à des prix très compétitifs. Broere tient toutefois à mettre les choses au clair à ce sujet : "La Chine fournit des solutions robotiques standard de bonne qualité et bon marché, ce qui n'est pas surprenant. Mais ce que la Chine préfère éviter, c'est d'avoir à partager le savoir-faire très pointu qu'elle possède dans le domaine des robots de soudage, par exemple via des modèles 3D dans le cloud. Elle préfère garder ce savoir-faire à l'intérieur de ses frontières." Selon Broere, le matériel de soudage asiatique est une chose, mais le savoir-faire en matière de soudage en est une autre, car il s'agit de quelque chose qui ne peut pas encore être importé à l'heure actuelle.

 

 

Viennent ensuite les États-Unis et le reste du monde. "Les clients existants qui nous demandent de les aider à intensifier leur production aux États-Unis, au Mexique ou en Australie bénéficient d'une assistance efficace sur place. Cependant, la vente active à de nouveaux clients n'y est pas encore particulièrement encouragée", explique Broere. "Le fait que l'ensemble de la chaîne rencontre des difficultés tant sur le plan géopolitique et conjoncturel qu'en termes de capacité de main-d'œuvre rend l'avenir tout à fait incertain. Étant donné qu'il y a moins de travail, les entreprises manufacturières doivent renforcer leur compétitivité et adopter des modes de production plus intelligents, c'est-à-dire automatisés et numériques."

 

Broere est d'avis que l'industrie manufacturière européenne doit sans cesse se réinventer. Le délai de mise sur le marché dont les Asiatiques disposent pour passer d'une simple idée à un produit proposé à bas prix (probablement grâce à des subventions) est incroyablement court. Et le même phénomène s'observe dans le domaine de la robotique. Au niveau du matériel, peu d'innovations ont vu le jour au cours de ces dernières décennies ; ce n'est donc pas là que la bataille se joue. L'avantage concurrentiel réside donc plutôt dans les plateformes numériques qui permettent de booster les performances des robots. "Nos fournisseurs japonais se démarquent grâce à l'intégration de caméras laser Valk Welding, de capteurs, d'IA et de logiciels. C'est tout cela qui permettra de se démarquer à l'avenir. En résumé : combinez la créativité des Européens et les connaissances technologiques des Japonais, et vous obtiendrez une proposition unique."

 

Broere ne s'égare pas dans des scénarios apocalyptiques, mais illustre son point de vue dans une perspective à long terme. Il explique clairement ce qui doit être stratégiquement ancré pour les équipementiers européens et les entreprises manufacturières. "Imaginons un instant que nous soyons uniquement une société de négoce et que nous décidions demain de promouvoir une marque chinoise, rompant ainsi les liens que nous entretenons avec notre fournisseur japonais. Nous briserions alors non seulement une relation de confiance stable avec notre partenaire technologique, mais aussi avec nos clients. Ceux-ci doivent en effet pouvoir compter non seulement sur ce robot, mais aussi sur les services cloud, les logiciels et l'IA sur lesquels ils comptent pour la décennie à venir. Il deviendrait alors impossible d'offrir tout ce qu'un partenaire de connaissances doit être en mesure de fournir."

 

Aujourd'hui, Kuka et Cloos sont également passés aux mains des Chinois. Je demande donc à Broere de me parler de sa solution face à l'évolution de la situation. "Les fournisseurs européens de technologies doivent envisager une stratégie 'Europe First', qui consiste à protéger notre marché et notre propriété intellectuelle à l'aide d'outils tels que les droits de douane, comme le font les États-Unis. Si, en tant qu'équipementier ou intégrateur européen, vous n'êtes pas en mesure de vous démarquer, tous les acteurs de la chaîne deviendront des sociétés de négoce qui devront finalement toutes concurrencer les plateformes en ligne. Et à ce moment-là, seule la question du prix restera déterminante. Mais allez donc demander à un fournisseur chinois s'il est à même de garantir la disponibilité, les pièces de rechange et la connaissance d'une machine d'il y a dix ans en cas de panne qui viendrait réduire votre marge à néant..."

 

Le modèle RWaaS n'est pas le fruit du hasard. Valk Welding et ses clients jouent tous un rôle déterminant. En investissant conjointement dans des solutions de soudage, Valk Welding et ses clients créent un avantage concurrentiel de taille qui renforce leur modèle commercial européen.

 

Strong Connections – avec tout le monde

Le CTO de Valk Welding est intimement convaincu de l'importance des connexions. Outre les connexions physiques réalisées par le soudage, il considère qu'il est également essentiel de connecter les clients, les fournisseurs, les collaborateurs et les écoles. Broere s'appuie sur cet argument, qu'il juge incontestable, pour étayer sa vision globale. L'un des partenaires les plus étroitement connectés au sein de la chaîne est p. ex. OTTEN Machinefabriek, qui construit depuis plus de 40 ans des structures exclusivement pour Valk Welding grâce à une équipe de plus de 20 personnes. Et du côté des clients, la proposition RWaaS a permis d'établir la connexion la plus forte de toutes.

 

 

La connexion avec le personnel et les écoles est elle aussi cruciale. Grâce à la technologie de Valk Welding, Panasonic et Techman, l'entreprise investit dans la technologie de soudage dans les ateliers scolaires. Cela lui permet d'attirer les meilleurs stagiaires, qui finissent souvent par décider de rester chez Valk Welding une fois leur stage terminé. L'entreprise organise en outre régulièrement le Strong Connection Lunch pour ses employés et les étudiants, au cours duquel elle fait le point sur son ADN et sa stratégie.

 

Tous ensemble vers une plateforme de fabrication intelligente

"Côté innovation, le plan pour les années à venir consiste à remplacer intégralement le PGI par une plateforme permettant d'exploiter toutes les facettes de la fabrication intelligente grâce à une approche CTO (Configure To Order). Les ventes, l'ingénierie, la production, la programmation, les pièces détachées et le service après-vente doivent pouvoir être gérés dans un environnement entièrement virtuel", explique Broere. Avec Togetr SMP comme partenaire stratégique, tout est entièrement intégré, à l'exception de la comptabilité.

 

 

"Il est essentiel que le modèle CTO reste hybride", précise Broere. "Outre les solutions modulaires, les réalisations sur mesure hautement sophistiquées doivent continuer à nous stimuler pour faire progresser le secteur. Si un client souhaite une torche de soudage sur mesure de 700 mm de long, nous devons être à même de la lui fabriquer. De plus, la plateforme collecte toutes les données, crée des rapports et envoie des alertes. Au niveau de la maintenance prédictive, tous les points sont ainsi reliés entre eux."

 

Un fana plein d'énergie

Fraîchement quinquagénaire, Broere déborde d'enthousiasme. Il est évident que Valk Welding et lui sont faits l'un pour l'autre, tous deux se donnant toujours à 100 %. Dans sa vie privée, Broere se montre d'ailleurs tout aussi passionné lorsqu'il pratique ses sports préférés : patinage, ski nautique, course à pied, fitness et randonnée... L'important pour lui étant que leur pratique lui fournisse des sensations intenses. Broere se décrit lui-même comme un flexitarien, mais je le qualifierais plutôt de bon vivant. Car malgré son mode de vie parfois spartiate, il sait aussi se faire plaisir avec un délicieux repas accompagné d'un bon verre de vin.

 

 

La devise de Broere est : "Say what you do, do what you said, tell what you did and be proud of it." Un triptyque qui imprègne aussi bien sa vie professionnelle que sa vie privée et dont le dernier élément – oser être fier de ce que l'on a accompli – n'est pas, selon lui, de l'arrogance, mais tout simplement une forme de marketing très saine.

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