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Oh no, not SaaS – It will survive

23-04-2026

Auteur: Karl D’haveloose

 

 

 

 

Soyez les bienvenus dans le récit qui domine l'année 2026 (si l'on fait abstraction de ce qui se passe du côté du détroit d'Ormuz, bien sûr…) : la 'SaaSpocalypse'.

 

 

En avril, il est clair que les développeurs et les fournisseurs de plateformes logicielles auront encore du pain sur la planche. D’après les discussions que j’ai pu avoir avec des développeurs, des intégrateurs et des clients finaux, je peux d’ores et déjà vous faire part de quelques observations. Pour faire court : nous souhaitons encourager les équipes commerciales, tout en adressant une petite mise au point aux utilisateurs finaux.

 

En quoi consiste au juste la thèse de la 'SaaSpocalypse' ? Selon de nombreux experts, l'IA et tout ce qui en découle, comme le la programmation au ressenti (en anglais : vibe coding) et les modèles d'agents open source tels que Clawdbot, annoncent la fin des modèles classiques de logiciels en tant que services (en anglais : Software as a Service ou Saas). Ces derniers ont toujours pu compter sur un nombre suffisant d'utilisateurs fidèles et payants, et bénéficiaient d'un important avantage concurrentiel, car copier ou développer soi-même une telle plateforme coûtait une véritable fortune. Mais avec la programmation au ressenti, le lancement d'une alternative est désormais beaucoup moins coûteux. Adobe, Salesforce, GitHub, SAP, Dassault Systèmes et même Microsoft sont montrés du doigt, et avec une imprévisibilité caractéristique d'un état maniaco-dépressif, les prévisions et leurs cours boursiers s'effondrent.

 

En partant du principe que les éditeurs de logiciels proposent des solutions SaaS par utilisateur ('per seat'), on peut supposer que le recours à des agents entraînera une baisse systématique du nombre d'utilisateurs facturés. Ajoutez à cela le fait qu'auparavant, vous payiez pour accéder à la plateforme, puis que vous atteigniez vous-même votre objectif à l'aide des outils. Les outils pilotés par l'IA vous factureront quant à eux en fonction des résultats obtenus, et non pour l'accès à l'outil. A-t-on donc affaire à une nouvelle vague de panique passagère, ou est-ce que chacun a de bonnes raisons de courir vers la sortie ?

 

Selon certains experts, l'heure de la fin n'a pas encore sonné pour les plateformes SaaS. Mais un grand coup de balai va inévitablement être passé sur certaines plateformes ciblées. Comment les experts envisagent-ils la suite, y compris pour les logiciels utilisés dans l'industrie ?

 

D'une fonctionnalité à une plateforme

Les tableaux de bord autrefois statiques de votre salle de contrôle deviennent des interfaces communicantes, qui interprètent les résultats en dialoguant avec votre opérateur et les détaillent ou les commentent à votre demande. Les flux de travail manuels sont automatiquement pris en charge par des agents, et les outils statiques se transforment en systèmes adaptatifs. Autrement dit, les systèmes ne se contentent plus de simplement afficher des informations : ils vous permettent d’interpréter plus rapidement les données de manière interactive et de déléguer certaines tâches. Les grands gagnants de cette évolution sont les acteurs capables de proposer à la fois l'IA, le SaaS et le cloud, comme Amazon, Microsoft et Alphabet. Ils contrôlent en effet aussi bien la distribution que le cloud et la couche d'IA. Des entreprises telles que HubSpot ou ZoomInfo ne proposent pour leur part que des fonctionnalités SaaS, qui peuvent être rapidement reproduites à l'aide de solutions d'IA.

 

Passage d'un modèle 'Seat Based' à un modèle 'Outcome Based'

L'IA réduira le nombre d'utilisateurs humains ('seats'), et ce sont désormais des agents d'IA qui accompliront une quantité considérable de tâches sur et via les plateformes SaaS. Cela signifie une utilisation beaucoup plus fréquente, mais avec moins de personnel. Les plateformes qui facturent en fonction des données utilisées et des résultats, et qui intègrent l'IA de manière pertinente pour l'utilisateur, seront donc les grandes gagnantes. Pensez p. ex. à Datadog et GitLab, qui fonctionnent ainsi depuis déjà un bon bout de temps.

 

De l'application à l'infrastructure

Le fait de proposer uniquement telle ou telle autre application en tant que service perd tout son sens. Les entreprises, y compris les usines, vont se tourner vers des acteurs capables de fournir à la fois la plateforme complète et l'infrastructure complète (données, applications, cloud, cybersécurité, IA). Dans l'industrie, on pense alors à des entreprises telles qu'ABB, Siemens, Schneider, Palo Alto et autres, qui vont ancrer plus profondément l'IA dans l'usine grâce à d'énormes jeux de données, ou à des entreprises comme SAP et Dassault, qui proposent des PGI ou des plateformes d'ingénierie pilotés par l'IA, et dont le coût de migration est également élevé.

 

Qu'est-ce qui ne change pas pour l'intégrateur, le vendeur et le client final ? Le SaaS n'a jamais été uniquement une question de logiciels !

  • La valeur réside dans le résultat, pas dans les moyens mis en œuvre (l'IA peut automatiser l'interface, mais pas la valeur du résultat).
  • Votre argumentaire est-il convaincant ? Dans le monde du SaaS, on a parfois tendance à jeter le bébé avec l'eau du bain. Expliquez clairement quel est le véritable intérêt et insistez sur l'indispensabilité de votre logiciel.
  • Le S de Service est bien plus important : le service d'assistance, de résolution des problèmes et de mise à disposition d'informations supplémentaires à tout moment de la journée est un service qu'un agent ne pourra pas assurer à votre place.
  • Paid for liability : les erreurs que les entreprises commettent elles-mêmes avec leurs propres créations leur restent imputables. Avec le SaaS, le client paie pour votre responsabilité, ce qui signifie que le fournisseur SaaS intervient lorsque sa plateforme tombe en panne.
  • I can do that too : tout comme pour les Jeux Olympiques que beaucoup suivent depuis leur canapé, on entend toujours, après qu'un record du monde a été battu, un athlète de salon affirmer que lui aussi pourrait en faire autant. Mais rien n'est moins vrai : tout comme un athlète qui a passé des milliers d'heures à s'entraîner, un logiciel SaaS a derrière lui des milliers d'heures d'expertise auxquelles s'ajoute une sécurité éprouvée.

Si vous êtes un développeur ou un intégrateur SaaS actif sur le marché du Benelux, la pire chose que vous puissiez faire serait de reprendre à votre compte l'argumentaire qui prévaut actuellement aux États-Unis. Aucune taxe à l'importation ne pourra y résister. Apportez des modifications judicieuses à votre modèle économique, à votre éventail de services, à vos fonctionnalités et à votre infrastructure. SaaS will survive too.

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