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Smart European Fabory DC - Smarter, better, fast(en)er delivery - jusqu'à votre porte

19-06-2026

Auteur: Karl D’haveloose

 

 

 

 

OK, je dois admettre que cette idée de détourner le titre d'un des meilleurs albums de Daft Punk peut paraître quelque peu maladroite. Mais voyez-y plutôt un défi motivé par mon propre ego : je tenais en effet absolument à ne pas laisser Claude & Co rédiger cette interview, même si cela aurait sans aucun doute été... smarter, better, faster et peut-être même aussi cheaper !

 

 

Bref, je souhaitais surtout à partager avec vous, chers lecteurs d’IF Monthly, une découverte que j’ai pu faire lors de ma visite du salon ESEF à Utrecht. Là-bas, je suis en effet tombé sur le stand de Fabory, où malgré ses dimensions plutôt modestes, il y avait étonnamment beaucoup de monde. Enfin un stand où régnait une véritable effervescence ! Vous ne connaissez pas cette entreprise ? Dans ce cas, il est logique que vous ne compreniez pas tout de suite les raisons de tout cet engouement. J’y ai tout d'abord vu différents visuels ainsi que des petits présentoirs de produits, mais ce qui a le plus retenu mon attention, ce sont les nombreux échanges très animés qui y étaient menés.

 

Jusqu’à ce que je prête une oreille indiscrète aux propos d’un commercial qui, plein d’enthousiasme, présentait à son prospect assis à côté de moi ce fameux nouveau centre de distribution intelligent. Il ne m'en fallait pas plus pour faire naître en moi le désir de savoir à quel point ce centre de distribution est réellement intelligent. Et voilà donc comment nous en sommes arrivés à cette interview avec Sylvia De Bie (VP Segments & International Sales) et Frank van Schijndel (COO).

 

Brève présentation de l'entreprise

Tout a commencé il y a 79 ans, lorsque la famille néerlandaise Borstlap s'est lancée dans la distribution de quincaillerie. À la même époque, l'entreprise belge Combori était elle aussi active dans le domaine du matériel de fixation, avant d'être rachetée par la suite.

 

FABORY (FAmilie BORstlap Yzerwaren) est le fruit de fusions et d'acquisitions de plusieurs distributeurs du Benelux spécialisés dans les pièces MRO (Maintenance, Réparations et Opérations) et les pièces C (toutes sortes de pièces de faible valeur intégrées dans des composants finis) pour les fabricants d'équipements d'origine (en anglais : Original Equipment Manufacturers ou OEM), ainsi que, bien sûr, dans toutes sortes de matériel de fixation. Fabory appartient aujourd’hui à un fonds d’investissement privé. Au cours de ces dernières années, des marques telles que Stokvis, Stern Instruments et Metrik Fasteners ont également rejoint le Groupe Fabory.

 

Ce distributeur, dont le siège social est établi à Tilburg, est présent dans douze pays d'Europe et en Chine. La Belgique est son deuxième marché le plus important. Fabory ne fabrique rien elle-même ; tous ses produits sont achetés auprès de partenaires spécialisés. L'entreprise met l'accent sur la disponibilité d'une large gamme de produits (plus de 65.000 références) et sur une livraison ultra-rapide (sous 24 heures), pouvant aller jusqu'à la machine ou à l'opérateur.

 

Les défis à relever

 

Fabory approvisionne une grande diversité de clients, allant de grands fabricants internationaux à des entreprises individuelles qui ont besoin de matériel de fixation de manière sporadique. Mais, comme n'importe quel autre distributeur, l'entreprise navigue dans un océan de défis et d'opportunités.

 

Les clients du secteur manufacturier sont confrontés à une hausse des coûts (énergie, droits de douane, transport, salaires), notamment en ce qui concerne le coût total de possession (en anglais : Total Cost of Ownership ou TCO) de leurs équipements. Van Schijndel soutient que l'époque des simples 'box movers' (pousseurs de cartons) est définitivement révolue. L'entreprise s'est depuis longtemps transformée en un partenaire fiable qui, grâce à des systèmes de gestion des stocks intelligents, permet à ses clients de maintenir un niveau de stock aussi bas que possible, de minimiser les coûts liés aux défaillances et de réduire les interventions manuelles.

 

Le COO estime qu'une part importante du TCO chez les clients est due à une gestion inefficace des stocks, des achats, de la logistique interne et de l'administration. Il existe donc une marge de manœuvre considérable pour se démarquer, ce qui constitue une priorité absolue chez Fabory.

 

On a trop souvent tendance à considérer la robotisation comme 'quelque chose dont on se souciera plus tard', surtout dans les environnements où le soudage et l'assemblage reposent encore largement sur le savoir-faire traditionnel.

 

Or, il faudrait faire tout l'inverse. Il existe en effet aujourd'hui des cellules de soudage compactes, flexibles et entièrement prêtes à l'emploi, qui occupent beaucoup moins d'espace au sol qu'on ne le pense, et qui sont conçues pour venir en renfort du travail manuel existant – et non pour le remplacer. "De plus, il y a d’une part la pression exercée par les produits bon marché en provenance d’Asie et, d’autre part, le durcissement de la réglementation en matière de production durable (critères ESG) et la taxe MACF. Tout l’enjeu consiste donc à trouver les partenaires adéquats qui sont en mesure de fabriquer des produits écologiques conformément à nos règles strictes, de fournir la qualité requise et d’établir des rapports ESG rigoureux", ajoute Van Schijndel.

 

Mes interlocuteurs me confient que la taxe MACF (mécanisme d'ajustement carbone aux frontières) est complexe. En Europe, la capacité de production locale est insuffisante pour répondre à la demande en matière de produits de fixation ; les importations en provenance de pays tiers restent donc indispensables. Le MACF est inévitable : s'agissant d'une taxe, celle-ci augmente les coûts de production et entraîne nécessairement une réduction des marges.

 

De Bie ajoute : "Un dernier dilemme réside dans la combinaison de matières premières plus coûteuses, comme l'acier et le nickel, d'une concurrence de plus en plus forte sur les prix, d'exigences plus strictes en matière de qualité et de certification des produits, et de la volatilité des chaînes d'approvisionnement." On commence donc tout doucement à subodorer que les distributeurs qui ne misent pas sur l'innovation vont avoir du mal à tirer leur épingle du jeu.

 

De bout en bout : l'automatisation des flux entrants et sortants dans l'entrepôt intelligent

 

Van Schijndel explique : "Pour commencer, les boîtes contenant des boulons, des vis ou des écrous pèsent relativement lourd, alors que leur coût de revient est faible." En 1997, Fabory avait déjà décidé de se tourner vers l’automatisation afin de réduire au maximum les tâches manuelles, en commençant par la mise en place d’un processus GTP (Goods-to-Person). Cette automatisation s’est ensuite étendue aux zones 'en arrière-plan'. Aujourd'hui, une moyenne d'une centaine de conteneurs de 20 pieds arrivent chaque mois dans les entrepôts de l'entreprise et environ 10.000 lignes de commande sont préparées et expédiées quotidiennement.

 

L'entrepôt entièrement automatisé compte 28.000 emplacements de palettes ; seuls deux opérateurs supervisent le fonctionnement de deux grues automatiques à palettes, de plusieurs VGA et d'un robot chargé de la dépalettisation.

 

De là, les marchandises sont acheminées vers un système 'mini-load', où les caisses modulaires identiques sont immédiatement disponibles pour être livrées à environ 300.000 destinations. Entre les rayonnages circulent 19 grues capables de prélever des articles des deux côtés. Elles sont chargées des opérations de prélèvement et de rangement, et veillent à ce que les marchandises soient acheminées vers les postes de préparation de commandes appropriés. Aux postes de préparation de commandes, les marchandises sont prélevées et emballées dans des cartons ; la ligne de fermeture scelle les cartons et un robot dispose ces derniers sur des palettes. Des VGA sont utilisés pour le transport entre les entrepôts grande hauteur et pour y entrer des palettes entières.

 

Après avoir fidèlement rendu service pendant des années, le système de réception actuel doit cependant être remplacé. D’ici fin 2026, le processus de réception aura donc été entièrement repensé. L’objectif est que, dans le hall où les matériaux arrivent, tout soit immédiatement scanné automatiquement et que les informations numériques concernant le lot, le fabricant, le poids, le numéro de série, le pays d’origine et ainsi de suite puissent être lues et enregistrées automatiquement. Les opérations d'entrée et de sortie seront dématérialisées et réalisées avec une intervention humaine aussi réduite que possible.

 

 

Une transition numérique radicale avec LOGIC

L'intégration de l'entièreté des solutions de la plateforme LOGIC représente sans aucun doute le projet le plus ambitieux de l'entreprise en matière de transformation numérique. Cette plateforme permet en effet d'optimiser à la fois les processus et la chaîne d'approvisionnement de Fabory, ainsi que le coût total de possession, ce qui se traduit par des économies significatives pour les clients. LOGIC intègre des solutions Kanban pour la gestion des stocks, des processus d'achat numériques et la gestion de la chaîne d'approvisionnement. Les avantages ne se limitent toutefois pas à la réduction des coûts de stockage, mais comprennent également une diminution des interventions manuelles, l’intégration de la facturation et des commandes, des délais d’exécution plus courts et la réduction au minimum des envois express qui sont très coûteux.

 

La plateforme numérique (qui est connectée à des bacs optiques, des systèmes RFID, des balances intelligentes et une équipe de merchandising spécialisée) garantit que le client final n'a plus à se soucier de la logistique interne, même sur son lieu de travail, ce qui lui permet de rester concentré sur ses activités de production.

 

La chaîne de valeur de Fabory est numérisée de bout en bout : de la boutique en ligne aux processus de commande et d'expédition, en passant par le configurateur. Aujourd'hui, 80 % des clients passent déjà leurs commandes via cette boutique virtuelle, que ce soit par le biais de connexions EPDF ou EPDI. L'entreprise est actuellement en train de mettre en place un système automatisé de contact client et de saisie des commandes, que celles-ci soient reçues par e-mail, par téléphone ou par fax. Pour l'instant, ce système est en phase de test, géré par une équipe interne spécialisée dans l'IA. Toute la documentation relative aux processus est reliée au PGI central (SAP R/3). L'entrepôt et le système 'mini-load' sont quant à eux gérés par un logiciel de gestion d'entrepôt (SAP) et l'outil de prévision SLIM4 de Slimstock.

 

L'IA figure en tête des priorités afin de créer de la valeur ajoutée pour la chaîne d'approvisionnement, la gestion des équipes et les prévisions de vente.

 

Un duo dynamique qui fait des merveilles côté opérationnel et stratégique – et les petits bonheurs de la vie

 

À présent, penchons-nous un instant sur la nature profonde de mes deux interlocuteurs : Frank van Schijndel, 48 ans, Vierge, et Sylvia De Bie, 54 ans, Gémeaux. Van Schijndel est un véritable expert dans le domaine opérationnel ; son épanouissement professionnel est directement lié à la satisfaction des clients. Il précise que la qualité de son travail dépend fortement des performances de l’équipe de De Bie – et inversement.

 

De Bie, qui travaille chez Fabory depuis déjà 30 ans, préfère raisonner en termes de solutions plutôt qu’en termes de problèmes. La plupart du temps, son équipe trouve les bonnes solutions, mais pas toujours tout de suite. Les problèmes sont généralement moins liés au système qu’aux personnes – ce qui peut parfois perturber son sommeil. Dans le monde hautement numérisé dans lequel nous vivons aujourd'hui, on pourrait penser que les personnes ont perdu de leur importance ; or, la réalité est que les collègues malades ou sur le départ, ou encore l'absence de nouveaux collaborateurs pour occuper les postes vacants, continuent d'avoir l'impact le plus important. Et cela ne changera pas de sitôt. De Bie souhaite que chaque 'Master in Fasteners' soit avant tout heureux et en bonne santé, et puisse mener à bien sa mission.

 

Van Schijndel trouve son bonheur en regardant un match passionnant du PSV en compagnie de ses deux fils et s'évade volontiers dans des romans policiers tels que 'The Thursday Murder Club' de Richard Osman, où les cadavres s'accumulent page après page. Quant à De Bie, elle apprécie les moments de complicité en famille avec ses deux filles indépendantes et les randonnées en montagne avec son mari. Récemment, elle a changé la façon dont elle concevait la vie après avoir lu 'The Monk Who Sold His Ferrari' de Robin Sharma, qui nous rappelle que la santé et le bonheur sont plus importants que n'importe quelle richesse matérielle.

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